La chaleur augmente le risque d’infections fongiques vaginales : 75 % des femmes en souffrent au moins une fois dans leur vie

L’équipe Isala de l’UAntwerpen appelle à briser le tabou pendant les journées les plus chaudes de l’année

Températures tropicales, sensation bien moins tropicale : avec cette vague de chaleur, de nombreuses femmes sont confrontées à une gêne souvent sous-estimée. Des recherches montrent que pas moins de 75 % des femmes souffrent au moins une fois dans leur vie d’une infection fongique vaginale. Chez environ 10 % d’entre elles, les symptômes réapparaissent même plusieurs fois par an.

Pourtant, le sujet reste étonnamment souvent passé sous silence. La grande étude Isala de l’Université d’Anvers, à laquelle ont participé plus de 4 000 femmes flamandes, révèle que de nombreuses femmes ressentent un tabou lorsqu’il s’agit de parler de troubles vaginaux avec leur partenaire ou leur médecin.

La Professeure Sarah Lebeer, microbiologiste à l’Université d’Anvers :
​« L’enquête Isala a révélé que plus de 70 % des femmes ont déjà souffert d’une infection fongique vaginale et ont ressenti un tabou à en parler avec leur partenaire et les médecins. Dans un projet dérivé récent d’Isala, mené en collaboration avec la KU Leuven et d’autres partenaires, nous constatons par ailleurs que la gravité des symptômes ne dépend pas toujours de la quantité de champignons présents, mais aussi de la réponse immunitaire des femmes elles-mêmes et de l’action protectrice naturelle du microbiome vaginal. »

Des femmes témoignent (de façon anonyme) de l’impact concret sur leur quotidien :

« Depuis deux ans, je souffre de vaginose bactérienne. Au début, les épisodes étaient ponctuels et la médication suffisait. Aujourd’hui, j’en souffre quotidiennement et j’ai l’impression d’être prise dans un cercle vicieux. Je voudrais vraiment participer à cette recherche pour trouver des alternatives et sortir de cette situation. »

« Je suis en ménopause et j’ai toujours souffert d’infections fongiques vaginales. Depuis que les douleurs se sont intensifiées, les rapports sexuels sont devenus impossibles — la sensation de brûlure est tout simplement insupportable. »

Pourquoi précisément en été ?

La chaleur crée des conditions idéales pour la croissance des champignons. La chaleur, l’humidité et une moindre aération augmentent le risque de symptômes tels que démangeaisons, irritation, sensation de brûlure et pertes blanches inodores. Pendant les menstruations, le risque augmente également, surtout lorsque la chaleur et l’humidité sont retenues plus longtemps.

«Les infections fongiques vaginales comptent parmi les troubles les plus fréquents chez les femmes, mais une certaine honte persiste. Pourtant, elles sont tout à fait normales et généralement bien traitables. En en parlant ouvertement, les femmes peuvent trouver plus rapidement l’aide appropriée.» explique la Professeure Lebeer.

Cinq conseils d’Isala

  • Nettoyez la zone intime quotidiennement avec de l’eau ou des produits adaptés.
  • Privilégiez les sous-vêtements en matières naturelles comme le coton ou le bambou.
  • Par temps chaud, une coupe menstruelle peut être une bonne alternative aux serviettes hygiéniques ou protège-slips, car elle retient moins la chaleur et l’humidité.
  • N’utilisez pas de crèmes ou produits antibactériens sans avis médical.
  • Si les symptômes persistent, consultez votre médecin généraliste ou votre gynécologue.

Pour plus d’informations, une interview ou un témoignage, contactez Charlotte Ries via charlotte.ries@rcapr.be ou au 0489 32 71 00.

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